GestionRestaurateurs

Réduire la facture d'énergie d'un restaurant

Par l'Agence AutoResto9 min de lecture

Réduire la facture d'énergie d'un restaurant, c'est agir sur quatre postes : le froid (chambres et armoires réfrigérées), la cuisson (pianos, fours, friteuses), le chauffage et la climatisation, puis l'éclairage. Dans un restaurant, l'énergie représente souvent le troisième poste de charges après les matières premières et le personnel, et une bonne partie des kilowattheures se perd sans rien produire : un froid qui tourne portes ouvertes, un piano allumé dès l'ouverture, une ventilation à pleine puissance à 15h. La bonne nouvelle : la majorité des économies vient de gestes gratuits et de réglages, pas de gros investissements.

Pourquoi l'énergie pèse autant dans un restaurant

Une cuisine professionnelle concentre des équipements très gourmands qui fonctionnent de longues heures : groupes froids en marche 24h/24, fours et pianos montés en température, hottes qui extraient l'air chauffé que vous venez de produire. À cela s'ajoutent le chauffage de la salle, l'eau chaude pour la plonge et les sanitaires, et l'éclairage. En Suisse romande, le prix de l'électricité varie fortement d'un fournisseur et d'une commune à l'autre, et les tarifs ont nettement augmenté ces dernières années. Pour connaître votre coût réel au kilowattheure, regardez votre facture détaillée ou le comparateur officiel de l'ElCom (Commission fédérale de l'électricité). Travailler son énergie, c'est protéger directement sa rentabilité de restaurant en Suisse, au même titre que le food cost ou le coût du personnel.

Commencer par mesurer : on ne pilote que ce qu'on suit

Avant d'investir un franc, il faut savoir où part l'énergie. Quelques actions simples :

  • Relevez votre compteur chaque semaine, le même jour, pour repérer les dérives et l'effet des changements.
  • Identifiez les gros postes avec un wattmètre à brancher (quelques dizaines de francs) sur les équipements suspects : un vieux groupe froid ou une armoire fatiguée peut consommer le double de la normale.
  • Notez les heures réelles de marche de chaque appareil. Beaucoup tournent bien au-delà des heures de service.
  • Suivez un ratio simple : coût énergie / chiffre d'affaires. Ajoutez-le à vos KPI de restaurant et surveillez-le mois après mois.

Cette photo de départ vous dira où concentrer vos efforts. Inutile de remplacer toutes les ampoules si votre vrai gouffre est une chambre froide mal réglée.

Le froid : votre plus gros poste, et le plus facile à optimiser

Les groupes froids fonctionnent en continu, donc chaque amélioration se cumule sur 8760 heures par an. C'est là que se cachent les économies les plus rentables.

Réglages et gestes gratuits

  • Réglez les températures au juste niveau : un degré trop froid, c'est de l'énergie gaspillée. Respectez les seuils HACCP sans surenchère (voir vos obligations dans le cadre de l'autocontrôle en restauration).
  • Limitez les ouvertures de portes et vérifiez les joints : un joint craquelé fait tourner le compresseur en continu. Le test de la feuille de papier coincée dans la porte révèle vite les fuites.
  • Ne stockez jamais de plats chauds dans le froid : laissez refroidir d'abord.
  • Dégivrez régulièrement : une couche de givre force l'appareil à surconsommer.

Entretien et investissements

  • Dépoussiérez les condenseurs tous les mois : un condenseur encrassé peut augmenter la consommation de façon importante.
  • Dégagez la ventilation autour des groupes et éloignez-les des sources de chaleur (four, lave-vaisselle).
  • Remplacez les appareils en fin de vie par des modèles de classe énergétique élevée. Renseignez-vous sur les programmes de subventions cantonaux (notamment dans les cantons de Vaud et de Genève) et auprès de SuisseEnergie ; ils peuvent couvrir une partie du coût.

La cuisson : allumer moins, allumer mieux

Pianos, fours et friteuses montent vite en température et consomment beaucoup. Le réflexe principal est de ne pas tout allumer dès l'arrivée du matin.

  • Allumez les équipements de cuisson au plus juste avant le coup de feu, pas trois heures avant. Un planning de mise en route par zone évite le gaspillage des heures creuses.
  • Éteignez ou baissez entre les services : un piano qui chauffe à vide l'après-midi ne sert à rien.
  • Couvrez casseroles et bains-marie : un couvercle réduit fortement le temps et l'énergie de chauffe.
  • Privilégiez l'induction lors des renouvellements : rendement supérieur au gaz et au vitrocéramique, et cuisine plus fraîche donc moins de climatisation.
  • Adaptez la production à la fréquentation réelle. Mieux anticiper les volumes réduit aussi le gaspillage alimentaire, qui est de l'énergie et de la matière jetées ensemble.

Ventilation, chauffage et climatisation

La hotte extrait l'air que vous avez chauffé ou refroidi : c'est un poste sous-estimé. Quelques principes :

  • Modulez la vitesse de la hotte selon l'activité plutôt que de la laisser à fond toute la journée. Les hottes à variateur ou à détection se rentabilisent vite.
  • Ne chauffez pas et ne climatisez pas une salle vide : programmez selon les heures d'ouverture, avec une consigne réduite la nuit.
  • Soignez la consigne de température en salle : un degré de moins en hiver et un de plus en été représentent une économie réelle sur la saison.
  • Entretenez les filtres de ventilation et de climatisation : encrassés, ils forcent les moteurs et dégradent aussi le confort des clients.
  • Fermez les ouvertures : un rideau d'air ou un sas à l'entrée évite de chauffer la rue en hiver, surtout pour les établissements exposés au vent du Léman.

L'éclairage et l'eau chaude : le complément qui compte

L'éclairage est souvent le premier réflexe, et il reste utile :

  • Passez tout en LED : consommation très inférieure et durée de vie plus longue. Le retour sur investissement se fait en général en quelques mois pour les zones très utilisées.
  • Installez des détecteurs de présence dans les zones intermittentes : réserves, sanitaires, vestiaires.
  • Zonez l'éclairage de salle pour n'allumer que les espaces occupés en début et fin de service.

Côté eau chaude, isolez le ballon et les conduites, réglez la température sans excès, et installez des mousseurs économiseurs sur les robinets. La plonge consomme beaucoup : faites tourner le lave-vaisselle plein, et entretenez-le pour éviter les cycles inefficaces.

Construire un plan d'action réaliste

Pour passer à l'action sans vous disperser, procédez par ordre de rentabilité :

  1. Gestes gratuits d'abord : réglages de froid, extinction des équipements, joints, couvercles, modulation de la hotte. Effet immédiat, coût nul.
  2. Entretien : nettoyage des condenseurs, des filtres, dégivrage. Faible coût, gain durable.
  3. Petits investissements : LED, détecteurs de présence, mousseurs, wattmètre, minuteries.
  4. Gros investissements ciblés : remplacement des groupes froids et des appareils de cuisson énergivores, en sollicitant les subventions disponibles.

Impliquez l'équipe : affichez les bons gestes en cuisine, désignez un référent énergie par service, et partagez les résultats. L'énergie est un poste de charges qu'on optimise dans la durée, comme le food cost et le prix du menu. Chaque franc économisé sur la facture tombe directement dans votre marge, sans toucher à la qualité de l'assiette ni à l'expérience client. Si vous voulez piloter l'ensemble de vos charges et remplir davantage votre salle pour mieux amortir vos coûts fixes, on accompagne les restaurateurs du bassin lémanique, de Genève à Montreux, sur ces sujets.

Envie de remplir votre salle, sans y passer vos soirées ?

L'Agence AutoResto aide les restaurateurs du bassin lémanique à transformer leur présence en ligne en réservations concrètes.

Être recontacté

Questions fréquentes

Quel est le poste d'énergie le plus coûteux dans un restaurant ?

Le froid arrive souvent en tête car les groupes réfrigérés tournent 24h/24 toute l'année, suivi de la cuisson (pianos, fours, friteuses) et du chauffage ou de la climatisation. Commencez par mesurer avec un wattmètre pour identifier vos vrais gouffres avant d'investir.

Comment réduire sa facture d'énergie sans investir ?

Plusieurs gestes sont gratuits : régler les températures de froid au juste niveau, vérifier les joints des portes, couvrir casseroles et bains-marie, allumer les équipements de cuisson juste avant le service, moduler la vitesse de la hotte et éteindre ce qui ne sert pas entre les services. Ces réglages réduisent la consommation immédiatement.

Existe-t-il des aides pour remplacer ses équipements en Suisse romande ?

Oui, des subventions existent au niveau cantonal (notamment dans les cantons de Vaud et de Genève) et via le programme SuisseEnergie, pour le remplacement d'appareils énergivores par des modèles efficaces. Les conditions évoluent : vérifiez les programmes en cours auprès de votre canton et de votre fournisseur d'électricité avant tout achat.