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Déclaration d'origine de la viande et du poisson : ce que la carte doit indiquer

Par l'Agence AutoResto9 min de lecture

En Suisse, tout restaurant doit indiquer la déclaration d'origine de la viande et du poisson servis, ainsi qu'avertir le client lorsqu'un produit provient d'un élevage utilisant des méthodes interdites dans le pays (hormones, antibiotiques comme facteurs de croissance, élevage en batterie). Cette information peut figurer sur la carte ou être donnée oralement et par écrit sur demande, mais elle ne peut jamais être omise. Un manquement constaté lors d'un contrôle cantonal expose à une mise en conformité immédiate, voire à une amende. Voici ce que la carte de votre établissement à Genève, Lausanne, Nyon ou Montreux doit réellement indiquer en 2026.

Quelle loi impose la déclaration d'origine de la viande au restaurant ?

La base légale est l'ordonnance sur les denrées alimentaires et les objets usuels (ODAlOUs) et ses ordonnances d'exécution, qui s'appliquent à toute la restauration suisse, sans exception cantonale. L'organisme fédéral de référence est l'OSAV (Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires), tandis que le contrôle sur le terrain est mené par le chimiste cantonal et les inspecteurs de votre canton (Genève, Vaud, Valais, Fribourg).

Le principe est simple : le client a le droit de savoir d'où vient ce qu'il mange, et de connaître le mode de production lorsque celui-ci serait illégal s'il était pratiqué en Suisse. Cette logique de transparence rejoint d'autres obligations d'information que nous détaillons dans notre guide sur les obligations d'information sur les allergènes en restauration et celui sur l'affichage obligatoire des prix sur la carte et en vitrine.

Quelles viandes et quels poissons doivent porter une indication de provenance ?

L'obligation de déclaration de provenance vise les denrées d'origine animale remises au consommateur. Concrètement, vous devez pouvoir indiquer le pays de provenance pour :

  • la viande (boeuf, veau, porc, volaille, agneau, cheval, gibier) et les préparations à base de viande ;
  • le poisson et les fruits de mer, y compris le poisson du lac comme la perche, l'omble ou la féra ;
  • certains produits transformés dont la viande ou le poisson est l'ingrédient déterminant.

Le pays de provenance correspond au pays où l'animal a passé la majeure partie de sa vie, et non simplement au lieu d'abattage ou de transformation. Si vos filets de perche viennent d'Europe de l'Est plutôt que du Léman, vous ne pouvez pas laisser croire le contraire : c'est un point que les clients gourmets connaissent bien, comme le montre notre dossier sur où manger du poisson du lac Léman selon la saison.

Faut-il l'écrire sur la carte ou peut-on le dire à l'oral ?

La loi laisse le choix du support, à condition que l'information soit accessible et véridique. Deux options sont admises :

  1. L'indication écrite directement sur la carte, à côté du plat ou dans une mention groupée (par exemple : « Boeuf : Suisse / Volaille : France »).
  2. L'information orale et écrite sur demande, à condition qu'une mention visible sur la carte signale que la provenance est communiquée par le personnel et disponible par écrit (souvent via un classeur ou une affiche).

Si vous optez pour l'oral, votre équipe doit réellement connaître les réponses. Un serveur qui ignore la provenance du jour est une non-conformité. Cela suppose une formation interne régulière, dans la même logique que celle décrite dans notre article sur former son équipe aux allergènes et à la sécurité alimentaire.

Quelles méthodes d'élevage faut-il signaler obligatoirement ?

C'est le point le plus souvent oublié lors d'un contrôle cantonal en restaurant. Lorsque la viande ou les oeufs proviennent de modes de production interdits en Suisse, vous devez le déclarer explicitement. Les cas visés incluent :

  • la viande issue d'animaux ayant reçu des hormones ou d'autres substances à effet hormonal comme stimulateurs de performance ;
  • la viande d'animaux traités aux antibiotiques ou autres substances antimicrobiennes utilisés comme facteurs de croissance ;
  • les oeufs et produits d'oeufs issus d'élevage en batterie (cages), interdit en Suisse.

Pour ces produits, la déclaration prend une forme normalisée, du type « peut provenir d'une production hormonale interdite en Suisse » ou « issu d'un élevage en batterie interdit en Suisse ». L'idée n'est pas de dénoncer votre fournisseur, mais d'informer loyalement le client. En pratique, beaucoup de restaurateurs du bassin lémanique préfèrent sécuriser leur approvisionnement pour éviter ces mentions, en privilégiant des filières suisses ou européennes conformes.

Comment éviter l'amende lors d'un contrôle ?

Lors d'une inspection, le chimiste cantonal vérifie la concordance entre ce qui est annoncé (carte, mention orale) et la réalité de vos achats. La preuve se trouve dans vos documents fournisseurs : bons de livraison, factures, étiquettes d'origine. Sans traçabilité, impossible de justifier une provenance, et l'inspecteur considérera l'information comme non fiable.

Voici les réflexes qui protègent votre établissement :

  • Conservez les justificatifs de provenance de chaque lot de viande et de poisson, classés et accessibles immédiatement.
  • Mettez à jour la carte dès qu'un fournisseur change : une carte indiquant « Boeuf : Suisse » alors que vous servez de l'import est une fausse déclaration.
  • Intégrez la provenance à votre dispositif d'autocontrôle, au même titre que la traçabilité décrite dans notre guide HACCP et autocontrôle en restaurant.
  • Tenez vos documents à jour avec l'ensemble des pièces exigées, listées dans notre article sur le registre de contrôle et les documents d'hygiène obligatoires.

En cas de manquement, l'inspecteur fixe généralement un délai de correction. Mais une déclaration trompeuse, surtout si elle valorise faussement un produit (par exemple un poisson présenté comme « du lac » qui n'en est pas), peut être qualifiée de tromperie sur la marchandise et donner lieu à une amende. Le montant dépend de la gravité et de la récidive : en cas de doute sur votre situation, vérifiez auprès du service de la consommation et des affaires vétérinaires de votre canton plutôt que de vous fier à une estimation.

Un exemple concret de carte conforme

Imaginez un bistrot à Morges qui sert un tartare de boeuf, un filet de perche et une cuisse de volaille. Une formulation conforme et lisible pourrait être :

  • Tartare de boeuf, provenance : Suisse
  • Filets de perche, provenance : Estonie (et non « du lac » si ce n'est pas le cas)
  • Volaille rôtie, provenance : France

Une seule ligne en bas de carte peut aussi préciser : « La provenance de nos viandes et poissons est communiquée par notre personnel et disponible par écrit sur demande. » Cette transparence n'est pas qu'une contrainte légale : elle rassure une clientèle romande de plus en plus attentive à l'origine et au terroir, et elle peut devenir un argument de différenciation. Pensez à l'articuler avec votre démarche globale d'ouverture, détaillée dans notre guide ouvrir un restaurant en Suisse romande : TVA, hygiène et obligations.

Votre plan d'action pour cette semaine

Pour vous mettre en conformité sans y passer des journées, lancez trois actions cette semaine : premièrement, faites le tour de votre carte et vérifiez que chaque viande et chaque poisson disposent d'une provenance claire, écrite ou annoncée à l'oral ; deuxièmement, contrôlez auprès de vos fournisseurs si un produit relève d'une méthode interdite en Suisse (hormones, antibiotiques de croissance, oeufs en batterie) et ajoutez la mention si nécessaire ; troisièmement, rassemblez vos justificatifs de provenance dans un classeur unique présentable immédiatement à un inspecteur. Inscrivez ensuite cette révision dans votre calendrier des obligations légales du restaurant sur l'année pour ne plus la subir.

Mettre une carte en conformité, former l'équipe et tenir la traçabilité à jour prend du temps, surtout quand on cumule service, cuisine et gestion. C'est précisément ce type de chantier que l'Agence AutoResto accompagne au quotidien pour les restaurateurs du bassin lémanique, de Genève à Montreux, en clarifiant les obligations et en allégeant la charge administrative. Si vous voulez aborder votre prochain contrôle l'esprit tranquille, écrivez-nous à hello@agence-autoresto.ch, on regarde votre carte ensemble.

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Questions fréquentes

La provenance de la viande doit-elle obligatoirement figurer sur la carte du restaurant ?

Non, pas forcément par écrit sur la carte elle-même. La loi suisse autorise à communiquer la provenance oralement et par écrit sur demande, à condition qu'une mention visible sur la carte le signale et que le personnel connaisse réellement les réponses. L'information ne peut jamais être totalement omise ni trompeuse.

Quelles méthodes d'élevage faut-il déclarer au client en Suisse ?

Vous devez signaler la viande issue d'animaux traités aux hormones ou aux antibiotiques comme facteurs de croissance, ainsi que les oeufs provenant d'élevage en batterie, car ces pratiques sont interdites en Suisse. La déclaration se fait par une mention du type « peut provenir d'une production interdite en Suisse ».

Quelle amende risque un restaurant qui ne déclare pas l'origine de ses produits ?

Lors d'un contrôle, l'inspecteur cantonal fixe le plus souvent un délai de mise en conformité. En revanche, une déclaration trompeuse, comme un poisson présenté à tort comme « du lac », peut être qualifiée de tromperie sur la marchandise et donner lieu à une amende dont le montant dépend de la gravité et de la récidive. Vérifiez votre situation auprès de l'autorité cantonale compétente.