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Rédiger un contrat de travail conforme : CDI, CDD et extras en restauration

Par l'Agence AutoResto9 min de lecture

Un contrat de travail restaurant Suisse conforme repose sur trois piliers : le Code des obligations, la Convention collective nationale de travail (CCNT) de l'hôtellerie-restauration, qui est de force obligatoire pour presque tous les établissements, et des mentions écrites précises. Sur le bassin lémanique, que vous embauchiez un serveur en CDI à Lausanne, un cuisinier en CDD à Nyon ou un extra pour un samedi de service à Genève, le contrat doit nommer le salaire, la durée du travail, la période d'essai et renvoyer à la CCNT. Voici comment rédiger des contrats solides sans avocat, en évitant les erreurs qui coûtent cher en cas de litige.

Pourquoi la CCNT s'impose à presque tous les restaurants du Léman

La CCNT de l'hôtellerie-restauration est étendue par le Conseil fédéral : elle s'applique de manière impérative à la grande majorité des cafés, restaurants, bars et hôtels de Suisse romande, qu'ils aient signé quoi que ce soit ou non. Concrètement, à Vevey comme à Morges, vous ne pouvez pas proposer des conditions moins favorables que celles fixées par la convention.

Elle encadre notamment :

  • le salaire minimum selon la fonction et la qualification ;
  • la durée hebdomadaire de travail (en règle générale 42 heures, à vérifier selon le type d'établissement) ;
  • le 13e salaire, les vacances et les jours de congé ;
  • les délais de résiliation et la durée de la période d'essai.

Avant même de rédiger un contrat, prenez le temps de bien comprendre le périmètre de la convention. Notre guide dédié à la CCNT de l'hôtellerie-restauration détaille les seuils applicables en 2026. En cas de doute sur un cas particulier, l'autorité cantonale du marché du travail ou la commission de surveillance de la CCNT reste l'interlocuteur de référence.

Quelles sont les mentions obligatoires d'un contrat de travail en restauration ?

La CCNT impose un contrat écrit. Même si un accord oral lie déjà les parties en droit suisse, l'écrit vous protège et constitue la base de toute discussion en cas de conflit. Un bon contrat de restaurant doit contenir au minimum :

  • l'identité des parties (employeur et collaborateur, avec adresses) ;
  • la date d'entrée en fonction et le type de contrat (CDI ou CDD) ;
  • la fonction et le lieu de travail ;
  • le salaire brut (mensuel ou horaire) et le 13e salaire ;
  • la durée du travail hebdomadaire et le droit aux vacances ;
  • la période d'essai et les délais de résiliation ;
  • un renvoi explicite à la CCNT, qui fait partie intégrante du contrat.

Pensez aussi à anticiper la vie réelle de l'équipe : règles sur les pourboires et primes, gestion des plannings et des heures supplémentaires. Documenter ces points dès la signature évite bien des malentendus. Pour cadrer les horaires et les repos, appuyez-vous sur les règles détaillées dans notre article sur les conditions de travail et le temps de repos.

Le salaire : brut, net et déductions

Indiquez toujours le salaire brut. Les déductions sociales (AVS, AI, APG, AC, LPP, assurance accidents) s'appliquent ensuite. Mentionner un montant net dans le contrat est une source classique de litige, car le net dépend de paramètres individuels. Précisez si le salaire est mensuel ou horaire, et n'oubliez pas que la CCNT prévoit des minima à respecter scrupuleusement.

CDI ou CDD : comment choisir le bon type de contrat ?

Le CDI (contrat de durée indéterminée) est la norme. Il se termine par une résiliation respectant les délais de la CCNT. Le CDD (contrat de durée déterminée) prend fin automatiquement à la date prévue, sans résiliation. Attention au piège : si vous enchaînez plusieurs CDD sans justification objective, le droit suisse peut requalifier la relation en CDI, avec toutes les protections que cela implique.

Utilisez le CDD pour un besoin clairement limité dans le temps : remplacement d'un congé maternité, renfort pour la haute saison estivale, ouverture d'une terrasse de juin à septembre. Pour gérer les pics d'activité, consultez aussi notre guide sur l'embauche saisonnière pour les fêtes et l'été, particulièrement utile sur le pourtour du Léman.

Comment fonctionne la période d'essai dans un restaurant ?

La période d'essai permet aux deux parties de se tester. Pendant cette phase, les délais de congé sont très courts. La CCNT fixe une durée d'essai par défaut, généralement de quatorze jours, que vous pouvez prolonger contractuellement jusqu'à un maximum, souvent trois mois. Pour qu'une prolongation soit valable, elle doit figurer noir sur blanc dans le contrat.

Profitez de cette période pour valider que le collaborateur correspond vraiment au poste. Un recrutement bien mené en amont réduit les ruptures d'essai : nos conseils sur l'entretien d'embauche et les questions d'essai vous aident à fiabiliser la sélection. Une fois la personne confirmée, un onboarding structuré sécurise les premières semaines.

Contrats d'extras : comment rester conforme ?

L'extra est un collaborateur engagé ponctuellement, par exemple pour un banquet, un mariage à Montreux ou un service du dimanche. Même bref, cet engagement reste un contrat de travail soumis à la CCNT et aux assurances sociales. Voici les points à ne pas négliger :

  • établir un document écrit, même pour quelques heures, précisant la date, l'horaire et le salaire ;
  • déclarer le collaborateur aux assurances sociales et le couvrir contre les accidents ;
  • appliquer le salaire horaire minimum de la CCNT, majoré pour compenser les vacances et le 13e salaire ;
  • ne pas confondre extra et faux indépendant : un extra payé en liquide sans déclaration vous expose à de lourds redressements.

La régularité compte : si un même extra travaille presque chaque week-end depuis des mois, la relation peut être considérée comme un contrat de durée indéterminée à temps partiel. Mieux vaut alors formaliser un vrai CDI partiel.

Saisonniers et personnel étranger : les vérifications clés

Le contrat saisonnier est en pratique un CDD calé sur une période d'activité, fréquent dans les établissements touristiques du Léman. Il suit les mêmes règles que le CDD : date de fin claire, salaire CCNT, déclaration sociale complète.

Si vous engagez du personnel étranger, vérifiez impérativement les autorisations de travail avant la prise de poste. Le type de permis et les démarches dépendent de la nationalité et du canton (Genève, Vaud, Valais). Notre guide sur le permis de travail du personnel étranger récapitule la marche à suivre. Engager quelqu'un sans titre valable expose à des sanctions sévères, indépendamment de la qualité du contrat de travail.

Et si la relation se termine mal ?

Un contrat clair facilite aussi les fins de collaboration. Les délais de résiliation sont fixés par la CCNT et varient selon l'ancienneté. Respectez la forme (idéalement par écrit) et les délais pour éviter qu'un congé soit jugé abusif. Pour les situations délicates, notre article sur la gestion du personnel difficile et le licenciement détaille les étapes à suivre, de l'avertissement à la rupture.

Votre plan d'action cette semaine

Commencez par un audit simple : ressortez tous les contrats de votre équipe et vérifiez que chacun est écrit, signé, renvoie à la CCNT et mentionne salaire brut, durée du travail, vacances et période d'essai. Repérez les extras réguliers à requalifier et les CDD qui s'enchaînent. Préparez ensuite un modèle de contrat type (CDI, CDD, extra) que vous adapterez à chaque embauche : vous gagnerez un temps précieux et réduirez fortement votre risque juridique.

Mettre tout cela à plat demande de la rigueur, et le droit du travail suisse évolue. À l'Agence AutoResto, nous accompagnons les restaurateurs du bassin lémanique sur la structuration de leurs équipes et la fiabilisation de leurs process RH. Si vous souhaitez un regard extérieur sur vos contrats et votre organisation, écrivez-nous à hello@agence-autoresto.ch : on en discute entre pros, simplement. Pour les cas juridiques complexes, le recours à une fiduciaire ou à un conseiller spécialisé reste recommandé.

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Questions fréquentes

Le contrat de travail en restauration doit-il obligatoirement être écrit en Suisse ?

La CCNT de l'hôtellerie-restauration exige un contrat écrit pour les établissements qu'elle couvre, c'est-à-dire la grande majorité des restaurants de Suisse romande. Même un extra engagé pour quelques heures doit recevoir un document écrit précisant date, horaire et salaire. L'écrit protège l'employeur autant que le collaborateur en cas de litige.

Combien de temps dure la période d'essai dans un restaurant ?

Par défaut, la CCNT prévoit une période d'essai d'environ quatorze jours. Vous pouvez la prolonger par contrat jusqu'à un maximum, souvent trois mois, à condition de l'écrire noir sur blanc. Pendant l'essai, les délais de résiliation sont très courts, ce qui permet aux deux parties de se séparer rapidement si le poste ne convient pas.

Un extra payé en liquide sans contrat est-il légal ?

Non. Un extra reste un salarié soumis à la CCNT et aux assurances sociales, même pour un seul service. Le payer en liquide sans déclaration ni document écrit expose le restaurant à des redressements sociaux et fiscaux importants. Il faut établir un contrat écrit, appliquer le salaire horaire minimum majoré et déclarer la personne aux assurances.